Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1526 :
Près de San Mateo (Équateur), le pilote Bartolomé Ruiz, en mission pour Pizarro, capture une grande balsa commerciale manteña‑huancavilca. L’embarcation transporte des marchandises de luxe destinées aux réseaux maritimes andins et à l’Empire inca. Cet épisode constitue le premier contact documenté entre les Espagnols et les navigateurs du Pacifique sud‑américain, révélant à Pizarro l’existence d’un commerce maritime sophistiqué et la richesse du Tawantinsuyu.
1551 :
Charles Quint ordonne la création de la Real y Pontificia Universidad de México, première université de la Nouvelle‑Espagne. Conçue pour former les élites coloniales, elle intègre aussi l’enseignement des langues indigènes, notamment le nahuatl, afin de soutenir l’évangélisation et l’administration des populations autochtones. Inspirée du modèle de Salamanque, l’institution devient un outil central de la politique culturelle et linguistique de l’empire espagnol dans les Amériques.
1558 :
Charles Quint meurt au monastère de Yuste, ouvrant une période de réorganisation administrative dans l’empire espagnol. Dans les Andes, les autorités viceroyales du Pérou commencent à renforcer les politiques de regroupement des populations indigènes (reducciones) afin de faciliter l’évangélisation, le tribut et le contrôle territorial. Ces ajustements, amorcés entre 1559 et 1561, préfigurent les grandes réformes toledanes qui structureront durablement l’espace andin
1638 :
Le traité de Hartford met fin à la guerre des Pequots. Les autorités coloniales, alliées aux Mohegans et aux Narragansetts, déclarent la nation pequot dissoute et interdisent l’usage de son nom. Les survivants sont répartis comme serviteurs entre les nations alliées, tandis que les Anglais s’emparent des territoires pequot. Ce traité marque l’un des premiers actes de dissolution politique d’un peuple autochtone en Nouvelle‑Angleterre.
1721 :
Lors de son passage à Tadoussac, le jésuite Pierre‑François‑Xavier de Charlevoix consigne dans son journal d’importantes observations sur les Innu (Montagnais) et les Abénaquis. Il décrit leurs alliances politiques, leurs coutumes diplomatiques et leurs pratiques de chasse, offrant l’une des premières synthèses ethnographiques sur les nations du nord-est de la Nouvelle‑France. Tadoussac apparaît alors comme un carrefour majeur des relations franco‑autochtones.
1761 :
Les autorités du Yucatán autorisent une campagne militaire contre la révolte maya menée par Jacinto Canek à Cisteil. Une série d’ordres administratifs permet au gouverneur de mobiliser milices et troupes régulières pour écraser l’insurrection. Cette répression, qui culminera en novembre, marque l’un des épisodes les plus violents du XVIIIᵉ siècle dans la péninsule et renforce le contrôle colonial sur les communautés mayas.
1776 :
Alors que New York vient d’être ravagée par un grand incendie, des guerriers iroquois, principalement Mohawks alliés aux Britanniques sous la conduite de Joseph Brant, mènent des escarmouches contre les forces patriotes dans la Mohawk Valley. Ces opérations, contemporaines de la prise de New York par les Britanniques, visent à harceler les milices continentales et à consolider le contrôle loyaliste dans le nord de la colonie. Elles illustrent le rôle stratégique des nations iroquoises au début de la guerre d’Indépendance.
1823 :
Joseph Smith affirme avoir reçu la visite de l’ange Moroni, qui lui révèle l’emplacement de plaques gravées destinées à devenir le Book of Mormon. Cet épisode fonde la théologie mormone, qui identifie les Amérindiens comme les descendants des Lamanites, un peuple ancien. Cette vision religieuse influence durablement les relations entre les Mormons et les nations autochtones de l’Ouest américain, orientant missions, alliances et politiques communautaires au XIXᵉ siècle.
1832 :
A Rock Island, les États‑Unis imposent aux Sauks et Fox le traité de Black Hawk, conclu après leur défaite. L’accord force les nations à céder une vaste bande de terres dans l’est de l’Iowa, la Black Hawk Purchase, présentée comme une punition pour la guerre. Le traité instaure une surveillance militaire et ouvre l’Iowa à la colonisation, amorçant la réduction territoriale qui mènera à l’expulsion des Sauks et Fox vers l’Ouest.
1841 :
L’armée chilienne intensifie ses opérations au sud du fleuve Biobío, multipliant patrouilles et reconnaissances pour affirmer son contrôle sur la frontière mapuche. Cette montée en pression militaire, menée depuis les fortins de la Frontera, vise à sécuriser les routes et à contenir l’autonomie des communautés de l’Araucanie. Elle annonce les politiques d’occupation progressive qui marqueront les décennies suivantes.
1857 :
L’expédition Palliser traverse les territoires de l’Ouest canadien et établit des contacts diplomatiques importants avec les Cris des Plaines et les Blackfoot. Palliser consigne des observations sur leurs conditions de vie à l’approche de l’hiver, leurs routes de chasse et les tensions liées à la traite des fourrures. Ces échanges fournissent des données cruciales pour la cartographie et la compréhension des réseaux autochtones, au cœur de la mission britannique dans la Terre de Rupert.
1897 :
La Dawes Commission ouvre officiellement le recensement des Cherokees dans le Territoire Indien, première étape du Dawes Roll. Les commissaires enregistrent l’appartenance tribale des familles afin de préparer le lotissement individuel des terres communales. Ce processus, qui transforme le territoire national cherokee en parcelles privées et déclare les terres restantes comme « surplus », marque le début de la dissolution territoriale et politique de la nation avant l’intégration de l’Oklahoma.
1904 :
Chef Joseph (Hinmatóowyalahtq’it), chef des Nez‑Percés, meurt à Nespelem sur la Colville Reservation, loin de sa vallée natale de la Wallowa. Figure majeure de la guerre de 1877 et défenseur infatigable des droits de son peuple, il passe ses dernières années en exil, refusé sur ses terres malgré ses démarches auprès du gouvernement américain. Sa mort, attribuée à un « cœur brisé », symbolise la tragédie des Nez‑Percés déplacés et la fin d’une génération de leaders autochtones.
1922 :
Au cœur de la Cinquième Expédition de Thulé, Knud Rasmussen et ses compagnons inuits atteignent une étape majeure dans les territoires des Inuits du Caribou. Ils collectent des mythes, chants, récits chamaniques et objets matériels, documentant une culture encore largement préservée des influences extérieures. Ces observations, réalisées dans l’intérieur du Kivalliq, deviennent l’un des témoignages ethnographiques les plus précieux sur les Ihalmiut.
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Photo : Chef Joseph à cheval lors des festivité du 4 juillet 1900 à Nespelem sur la réserve de Colville
