Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1535 :
Le capitaine Alonso Calero, mandaté par le gouverneur Diego Gutiérrez, rédige un acte de prise de possession du golfe de Nicoya au nom de la Couronne d’Espagne. Ce document affirme la souveraineté espagnole sur les territoires chorotegas, sans consultation des communautés locales. Il ouvre la voie à l’installation de tributs, d’encomenderos et à l’intégration forcée des villages dans l’ordre colonial, amorçant l’assujettissement progressif de la région.
1539 :
L’expédition de Hernando de Soto atteint la province apalachee et s’installe dans le grand village abandonné d’Anhaica, où les Espagnols trouvent des réserves de maïs. Les Apalachees, traumatisés par le passage de Narváez en 1528, harcèlent les nouveaux envahisseurs par des tirs de flèches et des embuscades. Cette hostilité marque le début d’un hiver de résistance continue contre l’occupation espagnole.
1611 :
Les autorités coloniales enregistrent les Ordenanzas de Alfaro, un corpus juridique rédigé par l’oidor Francisco de Alfaro pour protéger les Guaranís des abus des encomenderos. Le texte interdit l’esclavage, limite le travail forcé et reconnaît certains droits communautaires, soutenu par les missions jésuites. Bien que son application reste inégale, cette ratification marque un tournant dans la lutte contre l’exploitation des peuples guaranis du Río de la Plata.
1712 :
Après le grand soulèvement des Mayas tzeltal déclenché en août contre les abus du clergé et des autorités coloniales, les troupes espagnoles lancent une offensive majeure pour reprendre les villages insurgés. Les forces venues de Ciudad Real et du Guatemala attaquent Cancuc et les localités voisines, capturent les chefs religieux et exécutent les meneurs. Cette opération marque le début de la répression systématique qui mettra fin à la révolte avant la fin de l’année.
1728 :
Le gouverneur John Montgomerie ouvre une grande conférence diplomatique avec les Six Nations, les Schaghticoke et les « River Indians ». Les discussions portent sur le renouvellement du Covenant Chain, la demande britannique de délimiter des terres à Oswego pour les troupes, et la régulation de l’alcool dans les territoires haudenosaunee. Les échanges se poursuivent plusieurs jours, sans cession formelle, mais avec des engagements mutuels et des dons de wampum.
1770 :
Le surintendant britannique John Stuart conclut avec les chefs cherokees le traité de Lochaber, qui redéfinit la frontière coloniale au-delà des Appalaches. Le texte entérine la cession d’une vaste bande de terres s’étendant du sud‑ouest de la Virginie au Tennessee actuel, afin de sécuriser les routes et les implantations britanniques. Ce traité s’inscrit dans la série de concessions imposées aux Cherokees après 1763 et accélère l’avancée coloniale vers l’ouest.
1800 :
L’Espagne signe avec la France le Traité secret de San Ildefonso, par lequel elle rétrocède la Louisiane à Napoléon. Cet accord, conclu sans consulter les nombreuses nations autochtones du Mississippi et des Plaines, prépare la vente de la Louisiane aux États‑Unis en 1803. Le transfert ouvre la voie à l’expansion américaine vers l’Ouest et annonce un siècle de spoliations, de déplacements forcés et de guerres pour les peuples autochtones de la région.
1826 :
Lors de sa deuxième expédition arctique, John Franklin atteint la région de Point Barrow et établit une série de contacts commerciaux et informatifs avec les Inuit Iñupiat. Ces échanges fournissent des données cruciales sur les glaces, les routes côtières et les ressources locales, permettant à l’expédition de poursuivre sa cartographie avant le gel hivernal. Ces rencontres constituent l’un des premiers témoignages détaillés des communautés Iñupiat dans l’extrême nord de l’Alaska.
1838 :
Le conducteur cherokee John Benge prend la tête d’un détachement d’environ 1 079 Cherokees contraints de quitter Fort Payne dans le cadre de la Piste des Larmes. Le convoi entame une longue marche vers le Territoire indien (Oklahoma actuel), dans des conditions difficiles marquées par la maladie, le froid et le manque de vivres. Ce départ tardif illustre la dernière phase de la déportation forcée de la Nation Cherokee.
1863 :
Les chefs des Shoshones occidentaux signent avec le commissaire James Duane Doty un traité de paix et de coexistence, qui accorde aux États‑Unis des droits de passage pour les routes, le télégraphe et les relais de diligences. Le texte précise que les Shoshones ne cèdent aucune terre et conservent la propriété de leur territoire ancestral. Malgré cette garantie, le traité sera rapidement ignoré, ouvrant la voie à l’occupation coloniale du Nevada et de l’Utah.
1864 :
Le gouverneur John Evans publie une proclamation autorisant les citoyens blancs à poursuivre et dépouiller tout Autochtone jugé “hostile”, visant directement les Cheyennes et Arapahos. Cet ordre, qui fait suite à la proclamation de juin, légalise la violence civile et renforce la mobilisation des milices. Il crée un climat de terreur et sert de justification à l’attaque du camp de Black Kettle lors du massacre de Sand Creek le 29 novembre 1864.
1879 :
Un détachement d’environ 30 Buffalo Soldiers du 9ᵉ régiment de cavalerie, mené par le capitaine Francis S. Dodge, atteint Milk Creek pour secourir les troupes du major Thornburgh, encerclées par les Utes de White River depuis deux jours. Leur arrivée stabilise les lignes américaines et permet de tenir jusqu’aux renforts du colonel Merritt. Cet épisode marque l’un des moments clés de la guerre des Utes.
1890 :
Le Congrès crée le parc national de Yosemite, consacrant un paysage présenté comme “nature vierge”. Cette décision entérine l’expulsion progressive des Ahwahnechee (Miwok/Paiute), chassés de la vallée depuis les années 1850 et exclus par le Yosemite Grant Act de 1864. La loi de 1890 institutionnalise la spoliation définitive de ce territoire autochtone millénaire au profit du tourisme et de la conservation fédérale.
1897:
L’Église anglicane, soutenue par le gouvernement canadien, ouvre le pensionnat Old Sun sur le territoire des Pieds‑Noirs. L’établissement impose l’anglais, la discipline religieuse et la séparation familiale, dans le cadre du système d’assimilation forcée des enfants autochtones. Old Sun devient l’un des pensionnats majeurs des Prairies, laissant un héritage durable de trauma et de perte culturelle pour la Nation Siksika.
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Photo : Siksika (Blackfoot) vers 1910 – Photo intitulée « Far Away Cough” de Harry Pollard – Provincial Archives of Alberta