Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1763 :
Dans le contexte de la guerre de Pontiac, des guerriers autochtones tendent une embuscade à une compagnie de rangers sur la frontière de la Virginie, causant de lourdes pertes. Une force d’environ 150 miliciens et volontaires commandée par Charles Lewis se lance à leur poursuite jusqu’à la South Branch de la Potomac. Les Virginiens remportent ensuite un engagement favorable qui met fin à l’incursion. Cet épisode illustre l’intensité des combats de frontière qui suivent la conquête britannique de l’Amérique française.
1786 :
Un groupe de familles migrant de la Virginie vers le Kentucky est attaqué près de l’actuelle ville de London. L’attaque, attribuée dans les traditions historiques à des guerriers chickamaugas, provoque l’un des épisodes les plus meurtriers de la frontière du Kentucky, avec plus de vingt colons tués. Connu sous le nom de McNitt’s Defeat, l’événement témoigne de la violence qui accompagne l’expansion américaine dans la vallée de l’Ohio après l’indépendance
1790 :
Naissance de John Ross (Guwisguwi), futur Chef principal de la Nation Cherokee. Élu en 1828, il dirige son peuple durant près de quarante ans et devient la figure centrale de la résistance cherokee aux politiques d’expulsion des États-Unis. Par l’action diplomatique, juridique et politique, il tente de défendre les droits territoriaux de la Nation Cherokee face à la pression croissante des colons et du gouvernement fédéral. Son nom demeure étroitement associé à la lutte contre la déportation de la Piste des Larmes.
1818 :
Le chef lenape Kikthawenund (Chief Anderson) et d’autres représentants de la nation Delaware signent le traité de St. Mary’s avec les États-Unis. Par cet accord, les Lenapes cèdent toutes leurs revendications territoriales en Indiana, dans le cadre de la grande New Purchase. En échange, Washington promet des compensations financières, une aide au déplacement et un territoire à l’ouest du Mississippi. Le traité accélère l’expulsion des Delawares du Midwest et leur migration vers l’Ouest.
1838 :
Sous la supervision du chef principal John Ross, le détachement conduit par Hair Conrad quitte l’Agency Camp près de Charleston dans le cadre de la déportation forcée de la Nation Cherokee. Ce départ inaugure la série des grands convois autonomes de l’automne 1838 sur la Piste des Larmes, organisés par des responsables cherokees plutôt que directement par l’armée américaine. Le convoi entreprend un voyage de plusieurs mois vers le Territoire indien, dans l’actuel Oklahoma.
1842 :
Les chefs des bandes ojibwées (Chippewa) du lac Supérieur et du Mississippi signent le Traité de La Pointe avec les États-Unis. L’accord cède un vaste territoire couvrant le nord du Wisconsin et une grande partie de la péninsule supérieure du Michigan, riche en ressources minières. En échange, les Ojibwés obtiennent des compensations et conservent des droits de chasse, de pêche, de cueillette et d’occupation traditionnelle sur les terres cédées. Ce traité demeure un fondement juridique majeur des droits territoriaux ojibwés
1871 :
Le gouverneur du Texas Edmund J. Davis examine le dossier du chef kiowa Satanta (White Bear), condamné à mort après le raid du Warren Wagon Train. Sous l’influence des autorités fédérales soucieuses d’éviter une reprise du conflit avec les Kiowas et les Comanches, sa peine est finalement commuée en réclusion à perpétuité. Cette affaire constitue l’un des premiers procès retentissants de chefs autochtones devant une juridiction civile américaine.
1873 :
Le chef modoc Kintpuash (Captain Jack) est pendu avec trois de ses compagnons après sa condamnation par une commission militaire américaine à l’issue de la guerre des Modocs. Accusé d’avoir participé à la mort du général Edward Canby lors de négociations de paix, il devient l’un des symboles de la résistance autochtone à la politique de relocalisation forcée. Son exécution marque la fin de la guerre et précède la déportation de nombreux Modocs vers le Territoire indien.
1873 :
La Couronne canadienne et les Anishinaabeg (Ojibwés/Saulteaux) concluent le Traité n° 3, également appelé Traité de l’Angle Nord‑Ouest. L’accord ouvre à la colonisation et aux infrastructures un vaste territoire du nord-ouest de l’Ontario et du sud-est du Manitoba. En échange, les Anishinaabeg obtiennent des réserves, des annuités et la reconnaissance de certains droits de subsistance. Ce traité devient une référence majeure pour plusieurs des traités numérotés conclus par le Canada dans les décennies suivantes.
1879 :
Des renforts de l’armée américaine, comprenant des Buffalo Soldiers du 9ᵉ régiment de cavalerie, rejoignent la colonne assiégée depuis plusieurs jours par les Utes de White River à Milk Creek. Leur arrivée permet de consolider les positions américaines, mais les combats se poursuivent encore. Le siège ne prend réellement fin que le 5 octobre, lorsque les troupes du colonel Wesley Merritt atteignent le champ de bataille et contraignent les Utes à se retirer.
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Photo : Portrait en studio de trois chefs kiowa, pris à Fort Sill, en territoire indien, vers 1871. Assis, de gauche à droite : Satanta, Guipago et Ado-ete. La photographie a probablement été prise après le raid du convoi de chariots de Warren et avant le procès de Satanta et d’Ado-ete à Jacksboro, au Texas – Southern Methodist University Libraries
