Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1492 :
Les Taïnos de l’est de Cuba font découvrir aux explorateurs de Christophe Colomb des éléments majeurs de leur mode de vie. Les envoyés espagnols observent la culture du maïs, base de l’alimentation locale, ainsi que l’usage cérémoniel et quotidien du tabac. Ces pratiques, maîtrisées depuis des générations par les peuples autochtones des Caraïbes, surprennent les Européens. Les récits rapportés à Colomb constituent les premières descriptions européennes du tabac fumé. Ils témoignent de la richesse des connaissances agricoles et culturelles taïnos.
1570 :
Les Espagnols fondent la mission d’Ajacán dans la région de Chesapeake afin d’évangéliser les peuples autochtones. L’entreprise repose sur l’appui de Don Luis (Paquiquino), un Autochtone revenu d’Espagne après plusieurs années d’éducation chrétienne. Rapidement, les relations se détériorent et les communautés locales refusent cette implantation étrangère. En 1571, les Autochtones détruisent la mission et tuent la plupart des missionnaires. Cette résistance met fin au projet espagnol dans la région. Les nations algonquiennes du Chesapeake affirment ainsi leur autonomie face à l’expansion coloniale européenne.
1768 :
La Confédération haudenosaunee signe avec la Couronne britannique le traité de Fort Stanwix, redéfinissant la frontière coloniale vers l’ouest. Sous la pression de l’expansion britannique, les Six Nations cèdent de vastes territoires de la vallée de l’Ohio et du Kentucky. Cependant, les Shawnees, les Lenapes (Delawares) et d’autres nations utilisant ces terres n’acceptent pas cet accord conclu sans leur consentement direct. Pour de nombreux Autochtones, le traité représente une nouvelle perte territoriale imposée par la diplomatie coloniale. Les contestations qui suivent alimentent les conflits dans la région de l’Ohio.

1775 :
Une coalition d’au moins quinze villages Kumeyaay attaque et incendie la mission de San Diego de Alcalá, tuant notamment le missionnaire Luis Jayme. Cette insurrection constitue l’une des plus importantes résistances autochtones à l’expansion missionnaire espagnole en Californie
1811 :
Une insurrection éclate à San Salvador contre l’administration coloniale espagnole. Si elle est conduite par des dirigeants créoles, elle s’appuie aussi sur la mobilisation de communautés indigènes, métisses et ladinas touchées par les impôts, les abus de pouvoir et les difficultés économiques. De nombreux Autochtones dénoncent la perte de leurs terres et les contraintes imposées par le système colonial. Le soulèvement exprime autant des revendications sociales que politiques. Bien qu’il soit rapidement réprimé, il marque une étape importante vers l’émancipation de l’Amérique centrale.
1857 :
La Bande Tonawanda des Sénécas signe un traité avec les États-Unis afin de préserver son territoire ancestral dans l’ouest de l’État de New York. Depuis près de vingt ans, les Tonawanda refusent les accords qui prévoient leur déplacement vers l’Ouest. Grâce à leur résistance politique et juridique, ils obtiennent la reconnaissance de leur bande comme nation distincte. Le traité leur permet de conserver et de racheter une partie de leur réserve historique. Pour les Tonawanda, il s’agit d’une importante victoire dans la défense de leur souveraineté et de leur territoire.
1862 :
La commission militaire chargée de juger les prisonniers de la guerre des Dakotas achève ses travaux au Minnesota. Plus de 300 hommes dakotas santees sont condamnés à mort à l’issue de procès très rapides. Pour les Dakota, ces jugements interviennent après des années de famines, de promesses non tenues et de spoliations territoriales. Les accusés disposent de peu de garanties judiciaires et les verdicts suscitent encore aujourd’hui de vives critiques. Après révision par Abraham Lincoln, 38 Dakotas seront finalement exécutés.
1877 :
Après la guerre des Black Hills, de nombreux Lakotas Hunkpapas refusent la vie dans les réserves et suivent Sitting Bull vers le Canada. Confrontés à la famine et à la disparition du bison, plusieurs groupes sont finalement contraints de négocier leur retour. Parmi eux figure le chef Crow King, proche allié de Sitting Bull. Ces redditions successives marquent l’affaiblissement de la résistance lakota indépendante. Pour les Hunkpapas, elles symbolisent la fin progressive d’un mode de vie fondé sur la liberté de circulation dans les Grandes Plaines.
1891 :
À la suite de la conquête de l’Araucanie, l’État chilien impose aux Mapuches un système de réduction territoriale fondé sur les Títulos de Merced. Les communautés reçoivent des parcelles officiellement reconnues, mais très inférieures à leurs territoires ancestraux. La Commission de Radication des Indigènes encadre ce processus entre la fin du XIXᵉ et le début du XXᵉ siècle. Pour les Mapuches, cette politique marque la perte de l’essentiel du Wallmapu et l’enfermement dans des réserves fragmentées. Ses conséquences foncières demeurent au cœur des revendications actuelles.
1912 :
Au début du XXᵉ siècle, les Inuvialuit de Qikiqtaruk (Herschel Island) vivent au cœur d’un espace devenu stratégique pour le Canada et les baleiniers américains. La présence permanente de la NWMP renforce la surveillance du commerce et des activités maritimes dans l’Arctique occidental. Les rapports officiels décrivent de plus en plus la vie des communautés inuites et leurs relations avec les étrangers. Pour les Inuvialuit, cette période correspond à une transformation profonde de leur environnement social et économique. Malgré ces changements, ils demeurent les principaux détenteurs du savoir et de l’occupation du territoire arctique.
1922 :
À Santo Domingo Pueblo, les représentants des communautés pueblos se réunissent afin d’organiser une opposition commune au Bursum Bill, un projet de loi menaçant leurs terres et leurs droits sur l’eau. Cette rencontre marque la naissance du mouvement coordonné qui conduira à l’échec du projet devant le Congrès américain.
1926 :
Dans les années 1920, l’État péruvien accroît son contrôle sur l’Amazonie afin d’organiser l’exploitation forestière et le développement économique de la région. Les peuples autochtones, notamment les Asháninkas et les Shipibo-Konibo, sont directement concernés par ces nouvelles mesures administratives. Pour les communautés amazoniennes, cette expansion de l’autorité étatique se traduit souvent par une pression accrue sur leurs territoires traditionnels. Les décisions prises à Lima favorisent principalement l’intégration économique de la forêt. Elles annoncent les futurs conflits autour de la reconnaissance des droits territoriaux autochtones
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Photo : Gayë́twageh (Cornplanter), portrait de Frederick Bartoli, 1796 – New York Historical