Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.

1492 :

En poursuivant son exploration des Bahamas, Christophe Colomb séjourne sur l’île qu’il nomme Fernandina et consigne de nouvelles observations sur les Lucayans, peuple autochtone de l’archipel. Il décrit leurs vêtements en coton, leurs habitations et leurs embarcations utilisées pour naviguer entre les îles. Ces notes constituent parmi les premiers témoignages européens détaillés sur les populations des Bahamas.

1702 :

Au début de la guerre de la Reine Anne, une force de guerriers apalachees et de soldats espagnols dirigée par Francisco Romo de Uriza est envoyée contre les Creeks (Apalachicolas) alliés aux Caroliniens anglais. Près de la Flint River, les Creeks, assistés par Anthony Dodsworth, tendent une embuscade et infligent une lourde défaite aux assaillants. La majorité de la force hispano-apalachee est tuée ou capturée. Cet affrontement affaiblit durablement le réseau des missions apalachees de Floride espagnole.

1781 :

Durant les dernières années de la guerre d’Indépendance américaine, les campagnes militaires menées contre les territoires iroquois entraînent le déplacement de nombreuses familles haudenosaunee. Des Mohawks et d’autres membres de la Confédération trouvent refuge dans les missions catholiques du Saint‑Laurent, notamment à Akwesasne (Saint‑Régis). Ces communautés constituent des lieux d’accueil et de réorganisation pour les populations alliées aux Britanniques. Les migrations provoquées par la guerre modifient durablement la géographie humaine des nations iroquoises.

1782 :

À la suite d’une campagne militaire menée par Andrew Pickens, plusieurs chefs cherokees concluent le traité de Long Swamp. L’accord met fin aux hostilités immédiates dans la région après la guerre d’Indépendance américaine. Les Cherokees sont contraints de céder d’importantes terres en Géorgie, entre les rivières Savannah et Chattahoochee. Pour les communautés autochtones, ce traité marque une nouvelle réduction de leur territoire ancestral. Il annonce également les pressions foncières croissantes qui toucheront la nation cherokee au cours des décennies suivantes.

1788 :

Des guerriers chickamaugas cherokees menés par John Watts, avec Bloody Fellow, Kitegisky et The Glass, attaquent le fort de Gillespie dans l’est du Tennessee. Les défenseurs résistent plusieurs heures mais finissent par manquer de munitions. Le poste est pris d’assaut, plusieurs habitants sont tués et des femmes ainsi que des enfants sont capturés. Cette opération s’inscrit dans les guerres cherokees-américaines qui suivent l’expansion des colonies vers l’ouest. Elle constitue l’une des principales offensives chickamaugas de l’année 1788.

1855 :

Les représentants des nations Blackfeet (Pieds-Noirs), Gros-Ventres, Nez-Percés, Salish et Pend d’Oreilles concluent un important traité avec les États-Unis près de la rivière Judith. Les négociations, conduites par Isaac I. Stevens et Alfred Cumming, visent à réduire les conflits intertribaux et à fixer des zones de chasse et d’influence. Pour les peuples concernés, l’accord cherche à préserver la paix dans une région soumise à une pression croissante de l’expansion américaine. Il constitue l’un des principaux traités diplomatiques des Plaines du Nord au milieu du XIXᵉ siècle.

1865 :

Lors des conseils de Little Arkansas, les Kiowa-Apaches (Apaches des Plaines) signent un traité avec les États-Unis, les Cheyennes et les Arapahos. Les signataires conviennent que les Apaches quittent leur ancienne association politique avec les Kiowas et les Comanches pour former une confédération reconnue avec les Cheyennes et les Arapahos. Le gouvernement américain s’engage à appliquer à cette nouvelle entité les dispositions déjà négociées avec les autres nations des Plaines. L’accord s’inscrit dans la politique fédérale visant à concentrer les peuples autochtones dans des territoires définis.

1868 :

Des groupes cheyennes, notamment les Dog Soldiers, ainsi que des Arapahos, multiplient les attaques contre les routes, convois et établissements américains du Kansas occidental. Ces opérations répondent à la pression croissante exercée sur leurs territoires de chasse et au non-respect des accords conclus avec les nations des Plaines. Les affrontements contribuent à convaincre l’armée américaine de lancer une vaste campagne hivernale. Cette escalade débouche quelques semaines plus tard sur les opérations de Philip Sheridan et la campagne de la Washita. L’année 1868 marque ainsi un tournant dans la guerre des Plaines du Sud.

1877 :

Réfugié au Canada avec ses Hunkpapas Lakotas, Sitting Bull rencontre à Fort Walsh le général américain Alfred H. Terry et des représentants canadiens. Les autorités américaines lui proposent l’amnistie et un retour dans les réserves des États-Unis. Sitting Bull rejette cette offre et affirme le droit de son peuple à vivre librement après la guerre des Black Hills. Cette rencontre symbolise la résistance diplomatique lakota autant que leur exil. Les camps sioux demeurent alors dans la région de Wood Mountain sous la surveillance de la Police à cheval du Nord-Ouest

1898 :

Dans le département du Cauca, les communautés Nasa (Paez) s’opposent à la réduction progressive de leurs resguardos, terres communautaires reconnues depuis l’époque coloniale. Malgré les protections juridiques existantes, de nombreux propriétaires et autorités locales contestent ou empiètent sur ces territoires. Les autorités autochtones multiplient alors les démarches administratives et judiciaires pour faire reconnaître leurs droits. Cette résistance foncière devient l’un des fondements du mouvement autochtone nasa moderne. Elle contribue à préserver une partie importante des territoires communautaires du sud-ouest colombien

1924 :

Dans la Selva Central, les Asháninkas sont profondément affectés par l’expansion de l’exploitation du caoutchouc et l’avancée des colons vers l’Amazonie péruvienne. Les communautés autochtones sont confrontées aux raids armés, au travail forcé et à la perte progressive de leurs territoires traditionnels. Cette période marque l’un des épisodes les plus violents de l’histoire asháninka. Malgré ces pressions, les communautés maintiennent leurs réseaux sociaux, leurs territoires de refuge et leurs formes d’organisation propres. Leur résistance contribue à la survie culturelle et territoriale du plus important peuple autochtone d’Amazonie péruvienne.

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Photo : Couple Kalispel (Pend d’Oreilles) à Fort Colville – 1861 – NPG